Partenariat avec le S.P.I.P de Chartres et le Relais-enfant-parent Val de Loire

Entrer dans une maison d’arrêt, c’est entrer dans un autre temps, un autre lieu où la rencontre relève d’un accompagnement bien particulier. Le passage de la frontière du dedans/dehors est long et parfois difficile voire impossible pour certain membre de la famille du détenu. Comment le faciliter ? Comment aider la famille à avoir une représentation de l'intérieur de ces mûrs qui soit habité ? Comment déculpabiliser la famille ? Comment l’aider à se préserver des demandes parfois incessantes des détenus ? Comment accompagner ces enfants afin de les préserver à la fois dans l’attente avant parloir et après ? Comment les protéger des discours qu’ils peuvent entendre dans ces temps là et éviter qu’ils ne vivent ces visites comme insupportables, car violentes dans les propos entendus par les autres visiteurs ? Quel dispositif pouvons-nous mettre en place pour faciliter ce passage du dehors au-dedans, permettre de maintenir les liens familiaux. En effet, « le lien qui existe entre une personne  emprisonnée et son proche n’est forcément plus le même qu’avant l’incarcération »…  « La première raison qui explique  la transformation de ce lien, c’est la raison pour laquelle le proche est en prison ». Comment maintenir les droits du détenu et surtout le lien entre l’enfant et son parent incarcéré (article 9 de la Convention européenne des Droits de l’enfant et l’article D402 du Code de Procédure pénal) ? Comme le dit Marie-France Blanco, fondatrice et présidente des REP, « Même si on peut imaginer que c’est dur, difficile pour un enfant  de se rendre dans une prison, il vaut mieux qu’il voit son père ou sa mère, parce que justement c’est son père ou sa mère ».Ce n’est qu’en mutualisant nos compétences et nos réflexions que nous pensons pouvoir travailler au maintien des liens familiaux par un accompagnement bien spécifique du côté du dehors (famille) que du dedans (détenu), et ce en vue de facilité l’insertion socioprofessionnelle et la lutte contre la récidive. Travailler le lien c’est aussi travailler l’histoire, c’est aborder le passé et le futur dans un espace spatio-temporel virtuel qui doit avant tout être un lieu de formation identitaire et non de destruction.
C’est en ce sens que Médiaction en collaboration avec le Relais-enfant-parent d’Orléans intervient au centre de détention de Châteaudun pour animer un groupe de parole avec les détenus. Les objectifs sont :

Le travail donné aux détenus par Médiaction

Parce que Médiaction pense que pour lutter contre la récidive, il nous faut trouver des solutions originales pour donner du travail aux personnes incarcérées. Toutes les occasions de manifestations peuvent donner l’opportunité d’inventer des formes variées et colorées de petits travaux à faire, payer à l’heure et non à la tache afin que la personne se sente utile et garde un rythme temporel. Il s’agit pour certains de rompre avec la monotonie de la prison, et pour d’autres d’obtenir un minimum de « pécule » qui leur permettent de cantiner.
Nous avons pu apporter du travail à la maison d’arrêt d’Orléans pour la confection de cartes de vœux, de cartes d’invitation. Ce travail permet avant tout au détenu de faire quelque chose d’original, avec un membre de Médiaction, présent à l’atelier, et de se sentir investi d’une mission où la notion de « beau » et « bien fait » est essentielle. Que ce soit au quartier hommes ou au quartier femmes, le travail est réalisé avec beaucoup d’attention. L’originalité dans la création du travail que nous leur proposons leur amène un peu de poésie dans leur détention.

Accompagnement tripartite SPIP / Médiaction / PPSMJ dans un appartement à Orléans

Ce projet s’adresse en priorité à des personnes sortant de prison et suivies par le S.P.I.P d’Orléans. Il s’agit avant tout de leur offrir un hébergement temporaire, d’une durée de trois mois renouvelable une fois. Cette proposition  a pour objectif de lutter contre toute forme d’errance et d’isolement à la sortie d’une incarcération, ce qui selon nous participe à la lutte contre la récidive. Notre objectif est d’offrir à chaque individu un accompagnement de proximité, à son domicile et à notre bureau pour effectuer avec lui les démarches nécessaires à un « ré-habillage » et à une « ré-appropriation » de sa place dans une société où il a payé sa dette.
En effet, peur, honte, absence de perspectives ou de désirs d’être, suite à des échecs successifs ou à des fragilités ontologiques, démobilisation suite à des refus de tous ordres, absence de travail éloignent chacune de ces personnes tous les jours un peu plus d’un univers socialisé.
Grâce à la solidarité d’un propriétaire sensible à l’insertion sociale, nous avons signé une convention tripartite entre cette personne, le SPIP du Loiret et Médiaction, depuis mai 2010.

Une expérience de semi-liberté avec le S.P.I.P d’Orléans, le J.A.P. et Médiaction

Tout comme l’accompagnement en appartement, l’accompagnement à la sortie nécessite une confiance entre services. Ce n’est qu’en favorisant les échanges que nous garantissons à la personne accompagnée un discours cohérent. Il faut accepter de perdre une partie de la prise en charge de la personne pour ne pas la réifier.
Médiaction n’a pas à savoir ce qui a amené le détenu à la maison d’arrêt. Par contre, il lui est nécessaire d’avoir en mémoire les difficultés devant lesquelles il peut se trouver en dehors de la détention, difficultés qui pourraient freiner ses recherches d’emploi ou de logement.
Il est normal qu’un détenu ait peur de se trouver en semi-liberté. Il est essentiel qu’il soit accompagné, et non pas désœuvré à la porte de la prison. L’accompagner c’est travailler sur la séparation, sur la gestion de l’entre-deux, prison-liberté. C’est travailler sur sa capacité à se projeter.
Ce travail est difficile et demande une connaissance mutuelle entre chaque structure pour que la personne ne joue pas des dysfonctionnements.
L’expérience est à renouveler et à affiner.

Accompagnement de tuteur de TIG

A la demande de collectivités ou associations accueillant des personnes dans le cadre d’une condamnation à une mesure de Travail d’Intérêt Général, Médiaction propose de travailler autour de ce qui se passe sur le terrain avec ces professionnels. En effet, l’accueil de ce type de public est spécifique. Les services et les tuteurs s’impliquent dans cette démarche sur la base du volontariat. Il est nécessaire aujourd’hui de prendre du temps pour tirer des leçons de leurs expériences, et aussi de tendre vers une harmonisation des pratiques pour l’accueil et l’encadrement de ces personnes.
Un travail de réflexion avec Médiaction est aujourd’hui en cours au sein d’une mairie de l’agglomération et devrait voir sa concrétisation début 2012.